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Le ravitaillement en vol (2/2)

La procédure de ravitaillement est standardisée au niveau de l’OTAN, ce qui permet d’être ravitaillé par un grand panel d’avions quel que soit son pays. A la vue du ravitailleur, après la rejointe de celui-ci, on le contacte sur sa fréquence. La patrouille vient se placer en position de « perche gauche », sensiblement aligné avec l’empennage vertical et le saumon d’aile opposé. Cette position est également appelée « observation ». Dés l’autorisation du boomer (la personne qui contrôle la perche de ravitaillement), le chasseur va se positionner à 3 mètres derrière le panier après avoir effectué ses actions vitales avant ravitaillement.

On arrive maintenant à la partie la plus délicate de l’opération : le contact. Il n’est aucunement naturel pour un pilote de véritablement toucher un objet en vol. De l'avis de tous les pilotes qui ont effectué des ravitaillements en vol, la première approche sur Boeing est assez impressionnante. En effet, le rapport de taille surprend toujours la première fois.

Pour avancer et rejoindre le panier de ravitaillement il suffit de rajouter un petit peu de gaz de façon à faire avancer l'avion vers le réceptacle. Au début, la difficulté réside principalement à ce niveau. Le but étant de ne regarder le panier qu’avec une vision périphérique pour ne pas suivre tous ses mouvements parasites. L’étagement est pris lorsque l’on a un « frétillement de la dérive » dans la traînée du panier. Trop peu de gaz permet au panier de subir l'influence aérodynamique du chasseur et donc de s'écarter de la perche au dernier moment.

Trop de gaz permet un contact rapide mais la formation d'une boucle mal maîtrisée qui rapidement apporte des problèmes plus sérieux. Une fois le contact avec le panier établi, il s'agit de former une boucle pour avoir une certaine marge de manoeuvre et de ne pas mettre sous tension la partie flexible de la perche. Les avions français, ayant une perche sur le côté droit du nez, doivent donc se décaler sur la gauche et avancer légèrement de façon à ne pas trop forcer sur le tuyau. Chaque chasseur va prendre tour à tour le ravitaillement à son compte en point central puis se placer à l’issue en « perche gauche »..

Une fois le contact établi, le transfert carburant débute. Rajouter du carburant dans un avion implique d'augmenter son poids induisant une augmentation de puissance pour rester à la même vitesse. Il y a donc un travail permanent au niveau de la manette des gaz et certains avions finissent en post-combustion à la fin de la prise de carburant. Dés que celle-ci est terminée l’avion se déconnecte pour quitter la zone de ravitaillement.

Les avions français, ayant été équipés de nacelle en bout d'ailes, permettent d'utiliser une autre procédure. Dans le cas d'une patrouille de deux avions, chaque avion se positionne en observation derrière chaque bout d'aile du Boeing. Ils sont ensuite autorisés au contact dans l'ordre leader puis numéro deux. Plusieurs avantages existent pour cette procédure. Elle permet de faire rapidement le plein de deux avions et la traînée des tuyaux souples est plus faible que pour celle du point central.

Le ravitaillement requiert un pilotage fin et quelque soit l’expérience du pilote reste l’exercice le plus délicat du vol...

J. Troy  le 21/04/2008

 

 

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