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Vendredi 29 février, l'US Air Force a annoncé avoir choisi l'européen EADS en partenariat avec l'américain Northrop Grumman, pour un contrat de près de 40 milliards de dollars portant sur 179 avions ravitailleurs (A330MRTT) aux dépends de Boeing qui était pourtant largement favori. Le responsable des achats d'armes pour l'US Air Force, Sue Payton, a déclaré que Northrop Grumman et EADS "ont clairement fourni l'offre la meilleure au gouvernement". "Plus de passagers, plus de cargo, plus de carburant transporté, plus de flexibilité", a de plus ajouté le responsable de la logistique aérienne, le général Arthur Lichte. |
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Mais cette histoire à rebondissement ne s'arrêtera peut-être pas là. La direction de Boeing devait être reçue au Pentagone, vendredi 7 mars, pour prendre connaissance du rapport justifiant le choix du ravitailleur aérien du groupement EADS-Northrop Grumman (le K-45A), plutôt que du sien (le K-767). Mark McGraw, l'un des vice-président de Boeing, a annoncé la veille que sa société déciderait "probablement" d'un éventuel recours. Depuis son annonce, le choix de l'EADS a du mal à passer auprès des élus américains. Au Congrès par exemple, ils sont nombreux à demander une révision de l'attribution du contrat et des syndicats les rejoignent craignant de nouvelles suppressions d'emplois dans le secteur. Northrop Grumman et EADS ont pourtant annoncé que 25000 postes seront créés aux Etats-Unis et que de nombreuses pièces seront fabriquées sur le sol américain. Par ailleurs, le dossier s'est aussi invité dans la campagne électorale américaine où les deux candidats démocrates, Hillary Clinton et Barack Obama, se rangent du côté de Boeing, alors que le républicain John McCain soutient la décision du Pentagone. Les conditions d'attribution sont aussi mises en cause par le juge Norm Dicks, représentant de l'Etat où une grande part des ravitailleurs Boeing devaient être fabriqués (Washington). Quant à Jim Albaugh, l'un des directeurs de l'avionneur américain, il assure qu'ils n'ont pas été informés du souhait de l'armée de posséder un avion de taille supérieure. D'après lui, elle les a même découragés de proposer le 777 (plus gros que le 767). L'absence de transparence de l'appel d'offres et d'équité des décideurs pourrait être invoquée. Cette décision est historique puisque pour la première fois EADS peut accéder à un contrat militaire d’envergure avec l’USAF qui devrait ouvrir des perspectives d’avenir dans ce pays. Après les succès récents d’Eurocopter, qui avait placé d’importantes commandes avec les autorités de défense américaines, le choix du ravitailleur A330MRTT est une grande avancée pour le groupe européen qui veut valider une stratégie qui a visé depuis plusieurs années à augmenter sa présence aux États-Unis. En effet, l'alliance avec Northrop Grumann, l’engagement d’une partie de l’assemblage final des ravitailleurs en Alabama, ainsi que le rôle clé d’EADS North America et de son directeur Ralph D. Crosby (ancien de l'US Army) été décisif dans cette décision. Le marché américain est, comme mentionné par Louis Gallois (CEO d’EADS), un des axes stratégiques majeurs de développement pour EADS. G. Meyer le 10/03/2008
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