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La désorientation spatiale

 

Les illusions sensorielles sont les pires ennemies du pilote de combat. Elles peuvent conduire à l’abordage avec un autre appareil ou à la perception d’une attitude fausse.

Lors des différentes formations de pilotage, les jeunes pilotes sont sensibilisés sur le fait de ne pas se fier aux sensations perçues par le corps surtout dans les phases de vol IMC (dans les nuages) ou de nuit. La méthode est de se rapporter aux instruments de vol et procéder à la division d’attention : indicateur d’attitude avion, variomètre, altimètre... et de faire abstraction de ce que le corps peut faire ressentir. On combat les illusions en ayant connaissance de ses dangers.

 

Pour s’orienter dans l’espace, l’homme utilise des informations fournies par l’oeil, l’oreille interne et des récepteurs situés près des articulations. Ces informations sont interprétées et intégrées par le cerveau qui construit une représentation de la position du corps dans l’espace. Lorsque les informations sont erronées ou mal interprétées, des illusions surviennent.

En vol, elles sont de quatre origines physiologiques : mécanismes visuels, mécanismes vestibulaires (oreille interne), conflits d’information entre l’oreille interne et le système visuel ou les interprétations cognitives erronées des éléments.

- Les illusions visuelles : elles regroupent les illusions liées à la perception du mouvement. Lors d’un rassemblement en patrouille serrée la vitesse de rapprochement n’est pas perceptible à certains angles et à certaines distances par exemple.

- Les illusions d’origine vestibulaire : elles ont pour origine la stimulation isolée de l’oreille interne en l’absence de référence visuelle. Elles peuvent être responsables d’une mauvaise représentation de l’orientation dans l’espace.

- Les illusions par interactions vestibulo-visuelles : Il s’agit des illusions provenant d’un conflit sensoriel entre la perception de la verticale et de l’horizontale par l’appareil vestibulaire et le système visuel. Ces illusions surviennent surtout à l’occasion de virages prolongés (lorsque le roulis est constant). Les symptômes apparaissent en sortie de virage. Sans repères visuels extérieurs, il arrive donc que l’on se retrouve en virage, alors que notre corps nous informe que l’on est en vol rectiligne horizontal et inversement.

- Les illusions liées à des mécanismes cognitifs d’interprétation de l’environnement : Le mauvais temps, par la dégradation de la visibilité qu’il entraîne, ainsi que la modification des propriétés de propagation de la lumière par les pare-brises aggravent considérablement les illusions décrites précédemment.

La désorientation spatiale vécut par le pilote de chasse semble être la principale cause de l’accident du Rafale il y a un peu plus d’un mois.

Il faut savoir que l’absence de stimulus ou un stimulus constant d’une faible intensité peut abuser les sens, tout en amenant l’avion en quelques dizaines de secondes dans des attitudes ou des trajectoires dangereuses...

J. Troy  le 04/02/2008

 

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