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La poussée vectorielle

 

Les anglais de la firme Bristol Aero Engine vont utiliser le procédé de l’invention du Français Michel Wibault, imaginée dans les années 50, pour un projet à décollage et atterrissage vertical. Cette technologie utilise pour la première fois des buses orientables sur un moteur pour lancer le projet P.1127, qui débouchera sur la première version du Harrier. La poussée vectorielle est utilisée dans un premier temps pour les décollages et atterrissages verticaux avant d’être employée dans les années 90 afin d’augmenter la manoeuvrabilité des avions de combat.

 

Le principe de la poussée vectorielle ou « tuyère à orientation vectorielle » est de dévier le flux de sortie du réacteur pour améliorer la manoeuvrabilité de l’appareil. Cette technologie donne la possibilité de contrôler l’avion sur l’axe de tangage dans des conditions de vitesse et d’angle d’attaque pour lesquelles les gouvernes traditionnelles ne peuvent avoir la moindre efficacité. Le « Cobra », figure de style où l’avion dégrade toute son énergie en quelques secondes et qui émeut public et professionnel lors de salons internationaux, n'est possible qu'à l'aide de cette technologie. On ouvre le domaine de vol et on repousse les limites aérodynamiques de l’appareil. Plusieurs types de tuyères orientables ont été conçus.

Les premières versions de tuyères sont celles se déplaçant dans le plan vertical seulement. Les débattements des tuyères peuvent aller jusqu’à plus ou moins 20° comme sur le Sukhoï 37. Les secondes versions que l’on peut trouver pivotent verticalement et horizontalement. Cette nouvelle fonction permet un contrôle accru pour les manoeuvres de lacet.

L’autre caractéristique des tuyères est la capacité synchrone ou asynchrone, toujours dans un souci d’amélioration de la maniabilité dans les basses vitesses. Les tuyères synchrones évoluent dans le même sens contrairement aux tuyères asynchrones qui effectuent des mouvements de manière indépendante. Ce système est très performant. Il permet de compenser et d’optimiser les trajectoires de l’avion. Le MIG-29M OVT, dernier né de la famille des MIG-29, est équipé de ces tuyères 2 dimensions asynchrones. Sur ce biréacteur, le braquage différentiel des 2 tuyères (l'une vers le haut, l'autre vers le bas par exemple), peut assurer, en plus, le contrôle en roulis. On obtient alors un appareil capable d'être contrôlé dans (presque) toutes les positions, situations, ou vitesses, donc un appareil hyper manoeuvrable.

Dans un combat à vue, cet atout va donner la possibilité d’avoir un taux de virage soutenu pour faire face à l’ennemi rapidement et employer l’armement. L’utilisation de ce type de technologie dans un combat longue distance va permettre à l’avion de virer sur place et de trouver plus facilement ou plus vite une solution de tir sans être menacé. L’intérêt également d’utiliser la basse vitesse sur un avion de chasse est de « décrocher » d'un radar doppler. En effet, ces radars, qui se sont désormais généralisés à tous les chasseurs modernes car ils sont capables de suivre des cibles volant plus bas qu'eux, éliminent automatiquement les échos en provenance d'objets immobiles pour éviter l'écho du sol. Une fois que le radar est "décroché", il se remet en mode recherche, permettant au MIG de bénéficier d'un répit pendant lequel il ne craindra pas de tir.

 

J. Troy  le 10/12/2007

 

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