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Piper J3 Cub - Les missions (3/3)

 

Si le Piper L4 n’est pas un foudre de guerre, ses histoires de combats aériens ne manquent pas. Nombre de pilotes d’observation ont dû la vie à sa capacité à tourner autour d’un arbre pour éviter un chasseur, beaucoup plus rapide, en mettant le Cub dans un virage très serré.

L’ennemi reconnaîtra rapidement l’efficacité des « Grasshoppers ». Un prisonnier allemand disait qu’il craignait plus la vue d’un L4 que d’un autre chasseur allié. Quand ils entendaient le ronronnement du moteur de 65 chevaux à proximité de leur position, ils pouvaient s’attendre à un bombardement à coup sûr s’ils étaient repérés. Les pilotes de chasse allemands recevaient deux fois plus de points pour une médaille lorsqu’ils abattaient un L4 à la place d’un chasseur. On promettait aux soldats au sol une permission de 15 jours s’ils détruisaient un avion d’observation. Malgré les chasseurs de prime, des vols fréquents dans des météos peu favorables et des opérations en territoire hostile, le taux de mortalité parmi les pilotes de L4 était exceptionnellement bas.

 

Pour le débarquement, en Normandie, plus de 1000 « Grasshoppers » furent amenés de Grande-Bretagne en France. Beaucoup le furent démontés, dans des camions ou dans des avions cargo puis remontés directement sur le théâtre des opérations. Certains étaient équipés de réservoirs supplémentaires pour traverser la Manche. Leur mission était de guider le tir de la flotte sur les fortifications allemandes puis prêter main forte à la percée alliée dans la zone de Saint-Lô. Aux commandes de l’un d’eux, le Major Charles Carpenter a eu l’audace d’accrocher lui-même 6 bazookas sous les ailes de son L4. Il détruira cinq chars allemands. Avec la progression alliée en territoire français, ils assistaient l’artillerie au sol. Ils se posaient de préférence dans des prairies où paissent les vaches, indiquant l’absence de mines sur le terrain. La 2ème DB (=Division Blindée) comportait 4 ou 5 sections de Piper L4 qui remplissaient des missions dangereuses au contact de l’ennemi. On verra même un L4 se poser sur les Champs Elysées lors de la libération de Paris.

Certaines unités ravitaillaient les troupes au sol en larguant des vivres et des munitions. Pendant la Bataille des Ardennes, les L4 délivraient du plasma aux troupes alliées entourées.

L’US NAVY adopta une méthode unique qui fut mise en place pour envoyer un avion d’observation à l’avant du convoi repérer les sous-marins à la surface. Le système nommé « Brodie » était utilisée pour faire décoller les sauterelles d’une barge de débarquement de tanks LST (=Landing Ship Tank). Un câble de 150m était tendu entre deux poteaux verticaux au-dessus d’un LST. Un crochet au dessus du L4 lui permettait de se hisser sur un portique suspendu à un chariot sur le câble. Pour mettre en route, grâce aux deux larges portes rabattantes du L4, le pilote sortait de son cockpit s’appuyant avec un pied sur le train et lançait manuellement l’hélice. A pleine puissance, le L4 faisait sa course au décollage le long du câble à 50ft au-dessus de la surface de la mer puis se décrochait pour prendre son envol. A son retour, le pilote manoeuvrait afin de s’accrocher au chariot. D’après les pilotes, c’était un jeu d’enfant. Les élèves pilotes d’ailleurs s’amusaient à couper le moteur ou faire un looping avant de s’accrocher au portique sur un BRODIE SYSTEM d’entraînement au sol. Cela illustrait la facilité de la manoeuvre.

Certains LST étaient équipées d’une rampe de lancement de 75m de long sur 5m de large pour lancer les « Grasshoppers ». Le bateau se mettait face au vent à pleine puissance pour atteindre 8kt. Ils décollaient seulement puis opéraient depuis une plage ou un chemin sur la côte. Une rumeur aurait dit que la dernière victoire air-air enregistrée sur le théâtre européen s’est déroulée fin Avril 1945, lorsqu’un pilote et l’observateur d’un L4 américain non armés ont contraint un Fieseler Storch au-dessus de l’Allemagne à atterrir en campagne en lui tirant dessus avec leurs pistolets automatiques. Son équipage est fait prisonnier et se fut le seul avion allemand de la seconde guerre abattu avec une arme de poing.

Des versions améliorées virent le jour jusqu’en 1988, dont le L-18 qui fut décliné en version militaire, toujours avec la même silhouette mais des moteurs plus puissants. L’ALAT (=Aviation Légère de l’Armée de Terre) l’utilisa pour assister l’artillerie et pour effectuer des vols de liaison entre unités, notamment pendant la guerre d’Algérie. L’armée israélienne maintenait encore quelques Piper Super Cub afin d’assurer l’entraînement de base de ses pilotes jusqu’en 2002, et la Force Aérienne belge pour la liaison et le remorquage de ses planeurs.

Le Piper J3 Cub quant à lui poursuit sa longue carrière en faisant le bonheur de certains aéroclubs chanceux, dotés de cet appareil. Gardons cette légende vivante encore en vol...

 

J. Troy  le 03/06/2007

 

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