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Sortie de crise chez Boeing |
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Boeing a enfin conclu un accord avec son principal syndicat (IAM) sur une reprise du travail immédiate dans ses principales usines d'assemblage. Cet accord met fin à un bras de fer rare dans sa durée puisque les chaînes de montages de l'avionneur, principalement celles de la région de Seattle, ont été bloquées pendant 58 jours. Ce mouvement de grève avait été lancée début septembre, à la suite de l'échec des pourparlers entre Boeing et ses principaux syndicats sur la renégociation de la convention collective des mécaniciens. En pleine crise économique et dans un ciel obscurci en ce qui concerne les prévisions du transport aérien sur les prochaines années (voir article précédent), il était indispensable pour Boeing du trouver un moyen de faire redémarrer sa ligne d'assemblage final au plus vite. |
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L'IAM (l'International Association of Machinists and Aerospace Workers) et les 27000 mécaniciens concernés (soit près de 16% de la masse salariale de l'avionneur) avaient décidé un mouvement de grève illimité malgré des négociations de dernière minute début septembre. En effet, les propositions de la direction de Boeing en terme de hausses de salaire, de prestations retraite et sécurité de l'emploi avaient été rejetées par les mécaniciens à plus de 87% ce qui avait entraîné le conflit social. De son côté, Scott Carson, le PDG de Boeing Commercial Airplanes, avait déclaré que "malgré les propositions de bonne foi et la réelle intension de trouver une issue positive à la discorde, les désaccords étaient trop profonds pour que les positions puissent se rapprocher". S'en est donc suivi une grève de 58 jours dommageable à plus d'un titre pour l'avionneur de Seattle. Tout d'abord, les chaînes de montage des appareils phares de la gamme Boeing (737, 777) ont été stoppées ou ralenties ce qui a entrainé une diminution du nombre des livraisons à 84 appareils sur les trois derniers mois quand Boeing en avait livré 115 et 125 sur le premier et le deuxième trimestre. Cette chute des livraisons a joué sur le bénéfice trimestriel de l'entreprise, qui a plongé de 38% à 695 millions de dollars. Ensuite, le programme 787 Dreamliner, qui accuse déjà un retard de près de deux ans sur le calendrier initial, a lui aussi souffert du débrayage même si ce glissement de calendrier a peut-être bénéficié à certains sous-traitants de Boeing qui peinent actuellement à livrer la chaîne d'assemblage final en temps et en qualité. Ainsi, Boeing va peu à peu être exposé à différentes demandes d'indemnisation de la part des compagnies clientes qui commencent à trouver le temps long avant de remplacer leurs appareils vieillissants, surtout en ces temps de crise. Enfin, ce conflit a crée un précédent qui risque de peser lourd dans la balance lors des discussions qui vont s'ouvrir très prochainement avec les 13390 et 6889 techniciens du groupe sur le contrat triennal qui les couvre et qui expire le 1er décembre. Ceci dit, dans un pays où la protection sociale n'a pas d'équivalent avec ce dont disposent les employées en France et plus généralement en Europe, les syndicats se sont félicités des avancées obtenues. Ainsi, Tom Wroblewski, membre de l'IAM, a déclaré que "le syndicat a réussi à apporter ce que peu d'Américains ont: la sécurité de l'emploi et des avantages sociaux de qualité pour les prochaines quatre années". Il est vrai qu'ils ont au final obtenu que la couverture médicale des syndiqués reste inchangée jusqu'en 2012, une hausse de salaire de 15% sur 4 ans et une augmentation des pensions d'au moins 8000$ sur la durée de l'entente. Cependant, cet épisode montre encore que les rapports sociaux au sein des grandes entreprises sont perfectibles, et ceci dans l'intérêt des deux parties. Si il est indéniable que le rôle des syndicats est de défendre les conditions de vie et de travail des salariés et que leurs positions ne sont parfois pas entendues des instances dirigeantes, cela devrait pouvoir être fait sans pénaliser l'entreprise. A ce jeu de bras de fer, il n'y a qu'un seul perdant, les salariés eux-mêmes. En ces temps de difficultés financières et économiques, il est clair que des entreprises comme Boeing ne peuvent se permettre d'arrêter leur production pendant deux mois. Alors que Barack Obama souhaite réformer le système social américain et que nous entrons en France dans des périodes de négociations sur les retraites et le temps de travail, nous ne pouvons qu'espérer que les syndicats et les directions d'entreprise prendront leurs responsabilités pour ne pas pénaliser inutilement une industrie déjà sous tension... S. Wurmser le 10/11/2008
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