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Un Airbus en Antarctique |
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Depuis le début de l'année, l'antarctique n'est plus qu'un continent comme les autres, tout du moins sur le plan aéronautique. En effet, la première liaison commerciale entre l'Australie et la base scientifique de Casey a été ouverte et les vols commerciaux devraient être hebdomadaires au cours de la période estivale qui va d'octobre à mars dans l'hémisphère sud. L'Airbus A319 LR de la compagnie Australian Antartic Division relie donc en quatre heures et demi l'aéroport d'Hobart, dans l'état de Tasmanie, à la piste glacée de Wilkins, nommée ainsi en hommage à l'explorateur polaire australien Sir George Hubert Wilkins, qui se trouve à 80 km de la base de Casey. |
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Préparer une piste d'atterrissage pour ce type d'appareil n'est pas une mince affaire. Ainsi, le projet a duré trois ans, a nécessité l'envoi par bateau de moyens lourds sur la banquise tels des chasses-neige, des compacteurs ainsi que des pelles mécaniques et a couté au final la bagatelle de 42 millions de dollars. Le défi de ce type de piste est d'arriver à réaliser une surface plane, qui évolue le moins possible et qui ne fond pas quand le soleil d'été est au plus haut sur l'horizon. Pour ce faire, la technologie retenue a été celle d'une piste en glace bleue (solide, dure et compacte) recouverte de pavés en neige qui coupent les rayons du soleil (ce qui empêche la glace de fondre) et assure un aspect plus moelleux au toucher de l'appareil. Cette piste de 2,5 miles ajustée au laser n'a rien à envier aux aéroports occidentaux et Gary Studd, le pilote de l'Airbus qui s'est posé pour la première fois à Wilkins, a déclaré que la piste était "plus lisse que la plupart des pistes des aéroports internationaux". L'avion utilisé pour ces vols polaires est un Airbus A319-115LR qui a une autonomie d'environ 14000Km, ce qui lui permet de couvrir les 9200Km de l'aller retour entre l'Australie et l'Antarctique sans ravitailler. Il est configuré de façon particulière comparé aux autres compagnies aériennes puisque l'aménagement mixte retenu permet d'embarquer quarante passagers et 6,5 tonnes de fret. La rotation, qui dure au total une douzaine d'heure, compte un arrêt de 3 heures à Wilkins, ce qui évite à l'appareil de faire un "night stop" et de mettre les différents systèmes en sommeil dans un environnement hostile pour un avion de ligne. Ceci dit, même si cet avion est le premier appareil commercial à se poser au pôle sud, il fait savoir que des avions cargos américains (C-5, C-17, C-130) ainsi que des appareil privés de petite taille équipés de skis se posent régulièrement sur la banquise pour des opérations scientifiques ou militaires. Ces vols commerciaux hebdomadaires sont aujourd'hui exclusivement destinés aux scientifiques qui travaillent sur le réchauffement climatique et les écosystèmes du pôle sud dans les différentes stations de recherche parmi lesquelles on retrouve la base français Dumont d'Urville. Comme l'a précisé le Ministre de l'environnement Australien Peter Garett, l'ancien chanteur du groupe Midnight Oil reconverti dans la politique, "c'est un ouvrage extraordinaire qui a été accompli, une prouesse logistique, qui connecte par les airs les deux continents du bout du monde". Ce vol permet en effet aux scientifiques de gagner près d'un mois sur leurs missions par rapport au trajet par voie maritime qui prenait jusqu' alors près de deux semaines de navigation entre les icebergs. Ceci dit, certains promoteurs y voient déjà le moyen d'ouvrir le pôle sud aux touristes lors de voyages de découverte de ces terres vierges et immaculées. Le problème est que ces espaces sont protégés et les écosystèmes qui y vivent sont très fragiles et aujourd'hui menacés par le réchauffement climatique. Gageons que les états sauront limiter ces initiatives à des formules respectueuses de la beauté de ces sites et que l'avion restera ici un moyen d'aider les scientifiques et non démocratiser le tourisme antarctique. S. Wurmser le 06/10/2008
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