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L'aéronautique en statistiques |
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On entend souvent parler de l'aéronautique dans les différents médias nationaux et internationaux mais c'est le plus généralement lorsqu'il y a des incidents ou accidents que notre domaine fait la une de l'actualité. Comme nous avons malheureusement encore pu le vérifier récemment avec la sortie de piste de l'A320 de la TAM au Brésil, les hypothèses émises et les conversations que l'on peut observer dans notre entourage montrent que la perception des évènements aéronautiques est souvent bien différente de la réalité des chiffres et des faits, vérité que nous allons essayer de rétablir. |
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Commençons d'abord par citer les principaux chiffres liés au transport aérien. Aujourd'hui, près de 20 000 avions composent la flotte mondiale, ceux-ci volaient en 2004 plus de 37 millions d'heures par an, entraînant quelques 25 millions de décollages et atterrissages et transportant plus d'un milliard de passagers. Ces chiffres, en croissance depuis le début de l'aéronautique malgré certaines phases de récession ponctuelles dont la dernière a eu lieu après le 11 septembre, sont maintenant réorientés à la hausse et d'une manière exponentielle avec toujours plus d'appareils en commande et de destinations desservies. Dès lors, qu'en est-il des accidents aéronautiques? A l'observation de ces premiers chiffres, il serait logique de conclure que plus il y a de trafic, plus il y a d'accidents. C'est dès lors que l'on se rend compte des efforts colossaux développés pour sécuriser les vols depuis maintenant plus d'un demi siècle. Ainsi, les taux d'accidents ont été divisés par dix entre les années soixante (55 accidents pour un million de départs) et les années quatre-vingt (3 accidents pour un million de départs) et se sont depuis maintenus à un niveau très faible alors que le trafic aérien a explosé avec la déréglementation des marchés et la mondialisation. Il y a, selon le ministère des transports (nombre de morts annuels ramené aux passagers transportés), 7,42 personnes tuées lors d'un trajet en voiture (celui par exemple qui vous mène à l'aéroport) quand le vol lui même ne cause que 0,31 décès par an. Concernant la cause des accidents d'avion, on remarque que le pus souvent, c'est la maintenance qui est stigmatisée à priori, surtout quand on parle de compagnies charter ou de pays en développements. Les chiffres sont en réalité bien différents... Selon un rapport de l'Assemblée Nationale, sur la période 1992-2001, la maintenance n'a causé que 3% des accidents aéronautiques. La raison principale est une erreur de l'équipage à 65%, auxquels on peut ajouter les 10% liés à la météo. Viennent ensuite l'appareil à 14%, le contrôle aérien à 3% et les causes diverses avec 5%. Au final, plus de 80% des crash sont liés à une erreur humaine et selon la théorie des couches bien connue en accidentologie, il faut au moins trois incidents pour causer un accident, ce que vous pouvez très souvent observer dans les résultats des enquêtes (Cf Mont St Odile, Concorde, ... et peut être l'A320 de la TAM) . Dès lors, quelles sont les phases les plus critiques? Posez la question autour de vous, on répondra sûrement l'atterrissage. C'est en partie vrai puisque près de 50% des accidents ont lieu au cours de cette phase de vol. Ceci dit, ce sont souvent les incidents mineurs liés à des sorties de pistes, des abordages ou des atterrissages délicats (trains bloqués, ...). Mais concernant les victimes, et donc les crashs à proprement parler, c'est bien le décollage qui est la phase la plus critique, l'avion étant à pleine charge et ayant besoin de toute sa poussée puisque il vole à basse vitesse. En résumé, la plupart des gens pensent qu'un vol de 12 heures est plus dangereux que deux vols locaux. Comme 77% des crash ont lieu au décollage ou à l'atterrissage, mieux vaut aller une fois à Tahiti que deux fois de Pau à Paris. Par ailleurs, vous entendrez que dans bien des cas les Boeing sont mis en cause; c'est d'ailleurs d'habitude la famille 737, toutes générations confondues. Ne concluez pas hâtivement qu'ils sont moins sûrs, c'est tout simplement un biais lié à la statistique. Le fait s'explique aisément lorsqu'on constate que plus de 5000 exemplaires ont été produits, soit plus d'un quart de la flotte mondiale. Au final, que faut-il retenir? Premièrement, l'humain reste au centre de l'aéronautique et c'est paradoxalement lui qui cause le plus d'accident donc plus l'avion est automatique et électronique, plus il est sûr. Ensuite, le trafic mondial est en croissance exponentielle alors que le taux d'accident reste stable, c'est une véritable prouesse technique et organisationnelle que l'OACI et les constructeurs doivent entretenir. Enfin, l'avion reste un des moyens de transport les plus sûrs et vous avez beaucoup plus de "malchance" d'avoir un accident entre votre domicile et l'aéroport qu'après avoir passé la porte d'embarquement. Pour information, les systèmes aéronautiques sont certifiés pour qu'une panne critique ne se produise qu'une fois sur un milliard d'heures de vol, un avion au cours de sa vie en effectue au maximum 80000! S. Wurmser, le 30/07/2007 Article dédié à Emmanuelle L. qui trouvera j'espère les réponses à toutes ses interrogations sur la sécurité aérienne...
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