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Retour à l'ATR

 

Depuis quelques années, le consortium franco-italien ATR (Alenia Aeronautica - EADS) a vu sa situation commerciale radicalement changer. Alors que la chaîne de production était, il y a peu, quasiment arrêtée, elle tourne à plein régime depuis le regain d’intérêt pour les turbopropulseurs. Cet état de fait est pour beaucoup la conséquence de la flambée du prix du pétrole et du marketing qui met de plus en plus en avant la protection de l'environnement, entraînant la remise en cause de la frénésie du jet  par certaines compagnies régionales et nationales.

 

En crise pendant le cycle de croissance de la fin des années 90 qui avait vu l’avènement des "narrow-body" Airbus et Boeing (A320/B737) dans une période où les transporteurs recherchaient de la capacité additionnelle pour assurer leur développement, les avions régionaux ont fait leur retour au lendemain du 11 septembre. En effet, les compagnies ont vu leurs passagers déserter les principales lignes, leur trafic intercontinental baisser en flèche et ont logiquement remisé leurs anciens avions (MD80, B727, B737 ancienne génération) trop gourmands en carburant et chers à maintenir en vol.

Elles se sont donc, après une année où les commandes ont été réduites à leur plus simple expression, mises en quête d’appareils leur permettant de conserver les coefficients de remplissage indispensables à leur rentabilité et de multiplier les rotations sur les lignes les plus lucratives. Par ailleurs, chaque major s’est concentrée sur son marché intérieur pour compenser le manque de déplacements internationaux et c’est donc tout naturellement que les avions régionaux ont retrouvé un marché porteur. Même si les jets ont eu tout d'abord le vent en poupe  puisque proposant une vitesse plus importante, des niveaux de vols élevés, un bruit en cabine réduit et somme toute un meilleur confort, leur rentabilité a rapidement été mise en cause au moment où le prix du brut s’est envolé. Alors que Bombardier (CRJ) et Embraer (ERJ) avaient réussi à faire oublier le "turboprop", celui-ci se retaille aujourd’hui la part du lion sur les  courtes routes avec les ATR et les Dash8 de nouvelle génération.

D’une capacité équivalente aux jets, ayant des moteurs peu gourmands en carburant, plus respectueux de l’environnement et présentant une technologie simple et robuste, l’ATR est l’avion régional aujourd’hui prisé par les compagnies, notamment celles en début de développement ou souhaitant une meilleure rentabilité sur des lignes peu fréquentées. La famille est composée de seulement deux modèles, l’ATR42 et l’ATR72. Ces deux appareils, techniquement très proches, peuvent donc être exploités en mixte dans la même flotte ce qui permet une meilleure flexibilité d’utilisation, caractéristique indispensable sur ce type de marché. Avec une masse maximale au décollage de 22.8 tonnes, il emporte jusqu’à 74 passagers à 21000 ft et 275 kts. En résumé, l’ATR est un avion polyvalent, simple et efficace, ce qui fait son attrait aujourd'hui (en témoignent les 10 ATR 72-500 commandés par Malaysia Airlines le 28 juin dernier).   

Victime de son succès, les compagnies ont aujourd’hui du mal à trouver des pièces en maintenance puisque celles-ci sont prélevées à la source pour être montées sur les machines de série en assemblage. Comme le confirmait Stéphane Mayer, récemment nommé Président Executif, le consortium ATR a encore de belles années devant lui. Avec 170 avions restant à livrer sur un total de 900 commandés, voilà une belle réussite industrielle Européenne qui passe très souvent inaperçue et que nous souhaitions ici souligner...

 

S. Wurmser le 01/07/2007

 

 

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