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Bourget, le Bilan |
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La 47eme édition du Salon du Bourget a donc eu lieu tout au long de la semaine dernière, et nous avons observé, comme chaque année, le ballet incessant des visiteurs, des démonstrations et des commandes qui vient, si il en était besoin, confirmer le rayonnement de cet évènement. A l'heure ou celui-ci ferme ses portes, nous pouvons tirer un premier bilan de ce cru 2007 qui, même sans nouveautés attendues, a tenu toutes ses promesses.
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La première a été celle de l'affluence, malgré un temps mitigé sur les journées publiques. Au moment où nous publions, les chiffres finaux ne sont pas communiqués mais il semble que les professionnels se soient déplacés en masse sur les premiers jours de la semaine. Ensuite, les commandes qui ont été au rendez-vous et notamment pour les différents acteurs civils. Enfin, le spectacle qui a ravi petits et grands avec des machines déjà connues mais toujours impressionnantes à voir évoluer. L'attrait principal de cette édition résidait dans une volonté d'innovation, de changement, dans la présentation de concepts nouveaux ou d'études futures que l'on pourrait comparer aux concepts cars dans l'automobile. Cette nouvelle orientation, principalement basée sur le respect de l'environnement et la pérennité du modèle aéronautique, est une nécessité pour le secteur. Nous devons prouver que même si elle ne représente que 2,5% des émissions totales de gaz à effet de serre loin derrière l'automobile et les industries lourdes, l' aéronautique se doit de changer son mode de fonctionnement. Les motoristes ayant des coûts de développements astronomiques, ils ne proposeront des alternatives crédibles industriellement que si les acheteurs potentiels ont une volonté radicale de se tourner vers les technologies de demain. C'est pour cette raison que l'on préfigure souvent que la dernière goutte de pétrole coulera dans un moteur d'avion, prophétie que nous nous devons de faire mentir. Les principaux reproches semblent pouvoir se cristalliser sur la position des médias avec l'aéronautique. Alors que le domaine est très souvent oublié, il a droit à une surexposition pendant toute la semaine du Bourget. Cette manière d'informer, par effet d'annonce, est tout sauf responsable. Ainsi, les nombreuses commandes enregistrées par Airbus, dont nous nous réjouissons, étaient négociées et annoncées depuis déjà un certain temps pour la plupart. De la même façon que l'on nous a fait croire au démantèlement du constructeur il y a quelques mois, on nous annonce son retour extraordinaire. La vérité de la situation est plus complexe et ne souffre pas cette simplification. Même si certains médias, spécialisés ou non, traitent du secteur avec bon sens, regrettons ce fonctionnement par "scoops et oublis" qui amène confusion plutôt qu'explication. Ceci dit, ce salon est un moyen de faire découvrir l'aéronautique et le but a été plus qu'atteint. Les présentations, difficiles à exécuter dans l'espace restreint du ciel nord parisien, étaient comme à l'habitude de toute beauté. Citons par exemple l'impressionnant Mig-29 à poussée vectorielle qui évolue en défiant les lois de la gravité, le convertible V22 passant d'un hélicoptère à un avion, le Tigre Eurocopter qui réalise une boucle, figure très exigeante pour un appareil de ce type. Au chapitre nostalgie, le démarrage du Constellation, dans un vacarme assourdissant et un nuage d'huile, est toujours un moment fort qui rappelle à tous que l'aviation est aussi un mythe et doit conserver son histoire. Enfin,l'A380, l'attraction que chacun voulait voir voler, l'avion de tous les paradoxes, tantôt bardé de superlatifs, tantôt cloué au piloris. Cette édition a tenu toutes ses promesses... Au sortir de cet épisode riche en couleurs, en bruit et en émotions, on constate que l'aéronautique garde une place de choix dans l'imaginaire collectif et dans la vie de chacun. Cette spécificité impose des responsabilités, ce droit impose des devoirs. A tous, passionnés, professionnels, utilisateurs, de réfléchir sur l'avenir de ce secteur. A tous de chercher des alternatives, de trouver des solutions, d'innover, de s'investir pour que le modèle du monde aéronautique, qui a changé notre vie depuis un siècle, soit pérenne dans la société que nous mettons en place pour le futur de tous ...
S.Wurmser le 24/06/2007
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